Monsanto, ou comment
profiter d'une catastrophe naturelle pour empiosonner un pays...
(je ne sais plus qui a écrit ca, mais c'est
excellent...)
Haïti:
faut-il brûler Monsanto?
Le
producteur de semences et d’insecticides Monsanto, connu pour
ses
recherches sur l’OGM et leur commercialisation, a
décidé de faire un don de semences de 476 tonnes
aux
agriculteurs d’Haïti. Elles seront
distribuées sur
les 12 mois à venir.
«Après
le tremblement de terre, Monsanto a donné de l'argent pour
le
redressement d'Haïti mais il était
évident que le
don de nos produits -des graines de maïs et de
légumes de
qualité- pourrait faire réellement la
différence
dans la vie des Haïtiens.
Nous pensons
que l'agriculture est la clé pour la
récupération d'Haïti sur le long
terme.» Ce
cadeau a été attaqué par des
haïtiens,
d’abord pour le risque de recevoir des OGM et
d’entrer dans
la spirale de l’achat des produits herbicides toxiques de
Monsanto.
Cela ne semble finalement pas
être le cas.
Par contre, accepter ce don rend les agriculteurs dépendant
à l’égard de la firme.
«Le
don de
Monsanto risque de nuire aux projets haïtiens de «
souveraineté alimentaire » : une forte production
agricole
locale pour une consommation locale. En effet, les graines
de
maïs de Monsanto ne pouvant être
ressemées, les
agriculteurs devront en racheter à Monsanto les
années
suivantes.
Une logique de
marché inadéquate avec la culture paysanne
d'Haïti, comme nous l'explique Ricot
Jean Pierre, économiste à la PAPDA (Plateforme
haïtienne de plaidoyer pour un développement
alternatif) : «
Les paysans haïtiens ont traditionnellement la
capacité de
produire et de reproduire leur propre semence, organique et
créole, à destination de leur famille et du
marché
local. Monsanto veut intégrer les agriculteurs sur un
marché qu'ils ne contrôlent pas en
matière de
qualité de semence et de prix. Les paysans
devront racheter
les graines à replanter, les pesticides et les engrais de
Monsanto [nécessaires à la
productivité de ces
graines, ndlr], alors qu'ils n'ont pas de ressources. Monsanto veut
faire du paysan haïtien un assisté plutôt
qu'un
producteur. » Les agriculteurs n'ont d'ailleurs
pas
manqué de réagir à l'annonce du don.
Le leader du
Mouvement paysan papaye (MPP), Chavannes Jean-Baptiste, a
qualifié le don de Monsanto de « nouveau
tremblement de
terre », enjoignant les agriculteurs à
brûler toutes
les graines de maïs provenant du
ministère de l'Agriculture. Une marche de protestation est
prévue pour le 4 juin.»
Je
ne suis pas contre le fait que des firmes développent ou
améliorent certaines productions. Cela a toujours
été le cas. Mais ma philosophie de
l’individu et de
la société est largement
imprégnée de la
notion d’autonomie. Il me paraît important
d’être aussi autonomes que possible. Dans
l’alimentation c’est même vital.
Or
le
système Monsanto ne permet pas cette autonomie. Au
contraire, il
met son emprise sur l’alimentation et rend les populations
dépendantes de sa production. Une telle emprise sur
l’alimentation est pour moi contraire à la
philosophie
d’autonomie. Il y a même une volonté
d’hégémonie sur
l’alimentation
planétaire. C’est un système
fermé
préjudiciable à la liberté des peuples.
Alors,
faut-il brûler Monsanto - les paysans haïtiens
proposent en
effet de brûler physiquement les graines - pour faire
modifier sa
politique d’hégémonie alimentaire? La
pratique de
cette firme est en tous les cas propice à
redéfinir des
principes et valeurs, comme justement la question de
l’autonomie.